On ne met pas de croix sur les fosses communes, Les veuves n’y viennent pas sangloter. On y dépose des couronnes, c’est la coutume, On y ranime la flamme d’éternité. Ici la terre se convulsait autrefois, Aujourd’hui la couvrent des dalles de granit. Il n’y a plus ici de toi ni de moi, Tous les destins en un seul destin sont réunis. Dans la Flamme éternelle vois brûler un tank, Des isbas russes vois l’incendie, Smolensk en proie au feu et le Reichstag, Le cœur ardent d’un soldat qui bondit. On ne voit pas ici des veuves l’infortune; Y viennent gens d’uné autre sorte. On ne met pas de croix sur les fosses communes... Mais la douleur n’y est pas morte !
© Léon Robel. Traduction, 1988