Y en a qui croient en Mahomet, en Dieu ou bien au diable, Y en a qui n’croient en rien du tout, sûrement pour faire exprès. En Inde, ils ont une religion en tout point admirable, Qu’une fois sortis les pieds devant, on n’meurt pas tout à fait. Ton âme aspire vers le haut, Au rêve elle va renaître. Mais si tu vis comme un salaud, Tu vas pour toujours l’être. On te regarde de travers, on te jette des pierres, Dommage, oui, mais tu renaîtras, l’esprit bien acéré. Et si, dans cette vie, t’as vu la mort d’un adversaire, Dans l’autre, un oeil juste et perçant te sera accordé. Vis normalement, amuse-toi, Secoue ta vie inerte. Qui sait, ton âme s’incarnera En un patron, peut-être.                 Éboueur, il peut - et pourquoi pas - renaître gestionnaire, Puis au ministre s’élever, lorsque viendra son tour. Mais on va naître baobab, et pour un millénaire, Quand on est d’un esprit épais (ou con, pour être court). Il est fâcheux d’êt’ perroquet Ou une vipère félonne. Sur terre, il vaudrait mieux, pas vrai, De vivre en                
© Marina Lushchenko. Traduction, 2014